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La rubrique de Chloé et Julie : Febrero, el mes rojo y maldito.

Février, le mois rouge et maudit pour de nombreux galgos.

La saison de chasse touche à sa fin et le sort des galgos ne tient qu’à un fil.

Que vont-ils devenir ?

Que leur réservent leurs galgueros ?

Les plus chanceux (si on peut dire) seront abandonnés sur la route livrés à eux-mêmes ou déposés devant la porte d’un refuge, face à un nouveau destin qui les guidera vers un meilleur futur.

Les moins chanceux eux, finiront pendus à la branche d’un arbre, selon la méthode dite « du pianiste », les pattes arrière touchant légèrement le sol, rendant leur supplice encore plus long et douloureux ne leur laissant aucune chance de survie.

Tandis que d’autres seront jetés au fond d’un puits, voués à mourir là, au fil du temps, sans eau ni nourriture avec les membres cassés.

Puis certains subiront toutes sortes de maltraitances, des coups donnés quotidiennement à l’enfermement dans un « trou » sans lumière, souffrant de déshydratation et de malnutrition, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Mais pourquoi un tel acharnement ?

Pourquoi toute cette horreur à la limite du sadisme ?

L’honneur et la tradition sont les termes qui reviennent le plus souvent pour expliquer tout cela. Le galguero déshonoré par son galgo qui n’a pas bien chassé ou bien couru, se venge de cette humiliation. Le chien doit souffrir, c’est le prix à payer.

De toute façon, le galguero sait que son galgo ne dira rien, qu’il ne se rebellera pas. Pauvre galgo, avec son regard triste, les oreilles rabattues en arrière, se plie à la tradition et sait que son sort lui sera un jour fatal, tel est sa destinée de galgo depuis des années.

Cette maudite tradition daterait de plusieurs siècles à une époque où chaque famille de classe modeste possédait un galgo pour subvenir à leurs besoins en nourriture. Le galgo chassait et leur ramenait du gibier. Mais dès que le galgo ne servait plus ses maîtres, il devenait alors inutile. Pourquoi donc le garder ? Autant s’en séparer et prendre un nouveau qui lui, rapportera de la nourriture. Ces familles modestes, ne possédant pas d’armes car trop coûteuses, utilisaient donc des cordes pour se débarrasser de leurs chiens.

C’est ce que continuent de faire encore aujourd’hui les galgueros, en éliminant les chiens inutiles pour la prochaine saison de chasse. Dans cette catégorie classée d’inutile, nous retrouvons les galgos cassés (boîteux, blessés), les malades, les « vieux » de plus de 3 ou 4 ans (selon les galgueros l’âge d’un bon galgo se situe entre 16 mois et 4 ans). Pourquoi entretenir et nourrir des chiens qui ne leur rapporteront rien ? Plutôt les abandonner et de n’importe quelle manière. De toute façon, les galgos n’ont aucun statut, ils ne valent rien et ne représentent rien aux yeux de leurs propriétaires. Autrement dit, ce sont des choses, des outils de chasse, que l’on achète quand on en a besoin et que l’on jette lorsqu’ils ne nous satisfont plus.

Cette année encore, ce ne sera pas moins de 50.000 galgos qui seront abandonnés ou sacrifiés, sans compter ceux qui ne seront pas retrouvés et qui mourront seuls à l’abri des regards.

Peut-être qu’un jour tout cela s’arrêtera et qu’une loi sera votée concernant les galgos en tant qu’animal de compagnie ou la détention du nombre de galgos ?

Un chasseur = un chien ?

Car, pour le moment, un chasseur n’a pas un galgo mais quatre, six, dix ou parfois vingt chiens ! Mais il paraît que c’est une drogue, « como el Bingo », disait un galguero.

Sauf qu’au Bingo et aux jeux de loterie, on fiche peut-être sa vie et son argent en l’air mais pas celle d’un animal qui n’a rien demandé.

Febrero rojo te voilà, et malheureusement encore cette année, beaucoup de sang risque de couler.

Tag(s) : #lévriers espagnols galgos

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